Alcool et personnes
âgées
L'observation de groupes de différents âges
pourrait suggérer que les gens âgés consomment généralement
moins d'alcool et ont moins de problèmes liés à l'alcool par
rapport aux personnes plus jeunes. Cette conclusion est en partie
due au fait que lalcoolisme du sujet âgé est difficile à
diagnostiquer et quil sagit dune pathologie
quon se refuse à évoquer à cet âge.
Plusieurs éléments suggèrent que, au contraire,
lalcoolisme pourrait prendre (ou avoir pris) de
lampleur chez les personnes âgées. En effet, le 3ème
âge est la classe de la population qui est le plus en
croissance, en raison de lallongement régulier de
lespérance de vie alliée à la diminution des naissances,
et il est connu que le vieillissement augmente la vulnérabilité
de lorganisme aux toxiques. Dautre part, ce segment
social est aussi abondé par labaissement de lâge de
la retraite qui a généré un nouveau groupe social, celui des
jeunes retraités , personnes qui se retrouvent plus
tôt que prévu confrontés à un désoeuvrement auquel ils
nétaient le plus souvent pas préparés. Ces conditions
apparaissent donc propices à lextension des problèmes
dalcool dans cette population.
Fréquence et présentation
Entre 5 et 10% des personnes âgées hospitalisées et
environ 15% de celles admises aux Urgences ont des signes
témoignant d'un excès de boisson ; aux urgences, les taux
d'admission liés à l'alcool ou aux atteintes cardiaques sont
les mêmes chez les personnes âgées. La fréquence des
problèmes d'alcool dans les Maisons de Repos est mal connue mais
plusieurs indices concordants suggèrent quelle serait
élevée.
Lalcoolisme peut être ancien et se révéler à
loccasion de maladies organiques ou de diminution de la
tolérance à lalcool, mais il peut aussiêtre récent. En
effet, certaines personnes, souvent pour des raisons
émotionnelles comme par exemple le décès du conjoint, vont
augmenter leur consommation d'alcool tard dans la vie, ce qui
peut conduire à un authentique alcoolisme à début tardif. Ce
dernier peut également survenir dans certaines communautés où
l'alcoolisation lors des rassemblements sociaux est souvent la
norme.
L'abus d'alcool peut conduire à une intrication de symptômes
médicaux ou psychiatriques. Les pathologies associées sont le
plus souvent des états dépressifs, des insomnies, une
malnutrition, une insuffisance cardiaque et des chutes
fréquentes.
Effets combinés de l'alcool et de l'âge
A âge égal, l'incidence (cest à dire le nombre de
nouveaux cas observé sur une période donnée) des fractures de
la hanche augmente avec la consommation d'alcool. Cette
augmentation peut être expliquée par des chutes dues à des
troubles de léquilibre et/ou à une coordination motrice
déficiente, mais aussi par une diminution de la densité
osseuse, conséquence directe de lexcès dalcool.
L'alcool augmente les accidents de la voie publique et est une
importante cause de traumatismes et de mort à tous les âges.
Les conducteurs plus âgés sont plus sérieusement traumatisés
que les plus jeunes pour des accidents de même amplitude.
Le métabolisme de lalcool interfère avec celui des
médicaments. Or, chaque personne de plus de 65 ans consomme
entre 2 et 7 comprimés/j, ce qui accroît le risque
dinteraction entre lalcool et le médicament. Les
conséquences de cette interaction sont le plus souvent
négatives surtout lorsque lassociation concerne un
anti-diabétique, un anti-coagulant ou un médicament du système
nerveux central. De fait, les états dépressifs sont plus
fréquents chez les sujets âgés et surviennent de façon
corrélée avec la consommation d'alcool. Les personnes âgées
malades de lalcool sont trois fois plus souvent
dépressives que celles ne buvant pas ; 30% d'entre elles ont des
troubles psychiatriques associés. Chez les personnes de plus de
65 ans, le risque suicidaire est 16 fois plus élevé chez ceux
qui boivent.
Est-ce que l'âge augmente la sensibilité à l'alcool ?
A quantité dalcool bue égale, les personnes âgées ont
une alcoolémie plus élevée que les personnes plus jeunes. Ceci
est lié à une diminution, due à lâge, de la quantité
totale d'eau de lorganisme dans laquelle l'alcool se dilue.
La vieillesse interfère également avec la capacité à
s'adapter à la présence d'alcool (tolérance). En raison de
cette diminution de tolérance, les sujets âgés vont avoir plus
longtemps des effets secondaires (incoordination motrice) pour
des doses moindres que chez les sujets plus jeunes.
En conséquence, les problèmes alcooliques peuvent débuter
rapidement alors même que le profil de consommation n'a guère
changé chez le patient.
Vieillesse, alcool et cerveau
L'âge et l'excès dalcool produisent des déficits
similaires des fonctions intellectuelles et comportementales.
L'alcoolisme peut accélérer le vieillissement normal ou
entraîner un
vieillissement prématuré du cerveau. Les lobes frontaux du
cerveau sont le siège de la programmation
des actes, de l'anticipation et du contrôle du déroulement des
actions; ils permettent lélaboration de nouvelles
stratégies si les données environnementales changent au cours
de l'action. Ils sont particulièrement vulnérables aux
consommations de longue durée. L'atteinte des lobes frontaux
augmente avec la consommation d'alcool et est associée à une
déficience intellectuelle aussi bien chez les sujets âgés que
chez les jeunes. Ces atrophies peuvent également toucher le
cervelet ce qui engendrera une instabilité et favorisera les
chutes. La capacité de récupération après arrêt de
consommation est diminuée chez les personnes âgées.
Traitement de l'alcoolisme chez les sujets âgés
Les sujets âgés ont autant de bénéfices que les plus jeunes
à avoir un traitement de leur maladie alcoolique. Le devenir
semble plus favorable chez les personnes qui ont une histoire
plus courte de problèmes d'alcoolisme (début tardif). Les
traitements sont aussi efficaces chez les personnes âgées que
chez les plus jeunes.
Alcool et tabac
Peut on arrêter en même temps l'alcool et le tabac?
La consommation conjointe de l'alcool et du tabac est-elle une
coïncidence?
Les fumeurs boivent et les buveurs fument. De plus, les plus gros
consommateurs d'alcool sont aussi les plus importants
consommateurs de tabac. Parmi les patients traités pour
alcoolisme ou pour d'autres addictions, un sur quatre décède
sur une période de 12 ans, un tiers des décès était lié à
l'alcool et un quart au tabac.
Co-occurence alcool-tabac:
80 à 95% des alcooliques fument (trois fois plus que dans la
population générale). 70% des alcooliques fument plus d'un
paquet/jour alors qu'on trouve cette proportion dans 10% des cas
dans la population générale. Boire influence le tabagisme plus
que l'inverse. L'alcoolisme est aussi plus important chez les
fumeurs par rapport aux non fumeurs.
La plupart des adultes qui fument ou boivent ont commencé
pendant l'adolescence. Parmi les fumeurs alcooliques, le
tabagisme régulier précède l'alcoolisme de plusieurs années.
Les fumeurs ont dix fois plus de risques de débuter un
alcoolisme par rapport aux non-fumeurs.
Pourquoi l'alcool et le tabac sont utilisés ensemble:
Il y a deux mécanismes exclusifs:
1) une drogue peut augmenter le désir des effets d'une autre
drogue,
2) une drogue peut diminuer les effets secondaires déplaisants
d'une autre drogue.
Ces interactions impliquent les mécanismes de renforcement et de
tolérance. Il y a une troisième possibilité moins bien
établie qui est qu'une drogue peut altérer le métabolisme de
l'autre.
Le renforcement refere à un processus biologique ou à un
comportement. La consommation d'une drogue devient une habitude.
Le processus clef est lié à la libération de dopamine dans une
région du cerveau, le noyau accumbens. La nicotine initie le
renforcement en augmentant la libération de dopamine dans cette
région et l'alcool a le même effet.
La tolérance correspond à une diminution de la sensibilité à
un effet donné de la drogue rendant nécessaire l'augmentation
des doses pour retrouver le même effet. Les besoins en nicotine
sont plus élevés chez les alcooliques.
L'administration à long terme de nicotine peut induire une
tolérance aux effets renforçants de l'alcool et vice versa. Une
telle tolérance croisée peut augmenter une consommation des
deux drogues pour retrouver le niveau initial de désir. Les
fumeurs peuvent diminuer le tabac dès qu'ils ressentent des
effets secondaires secondaires néfastes (augmentation de la
fréquence cardiaque et augmentation du nervosisme). L'effet
sédatif de l'alcool peut mitiger les effets de la nicotine et
entraîner une poursuite du tabagisme. Inversement les effets
stimulants de la nicotine sur la mémoire peuvent masquer la
diminution des performances intellectuelles liées à l'alcool.
Quel est le risque de cancer lie au tabac et à l'alcool:
Tabac et alcool sont des facteurs de risque des maladies
cardio-vasculaires et respiratoires. Le risque de cancer des
voies aéro-digestives (bouche, gorge, oesophage) augmente avec
l'association des drogues. Par rapport aux non alcooliques et non
fumeurs le risque de développer un cancer est multiplié par 7
pour le tabac, par 6 pour l'alcool et de 38 pour l'association
des deux.
Comment l'alcool et le tabac augmentent le risque:
4 000 substances sont générées dans la fumée d'une cigarette
qui brûle. Un groupe de substances chimiques collectivement
appelé TAR vont dans les poumons et sont distribués à
l'ensemble de l'organisme par le système vasculaire. Certaines
enzymes, surtout les microsomes du foie, transforment le TAR en
substances carcinogènes. L'alcoolisme chronique augmente les
enzymes microsomiales du foie et augmente le risque de cancer
lié au tabac. L'oesophage est très sensible car il n'a pas les
éléments de protection contre la génération de ces
carcinogènes. Les alcooliques sont souvent déficitaires en zinc
et en Vit. A qui sont des protecteurs du cancer.
Traitement des addictions pour les alcooliques fumeurs:
Jusqu'à présent les alcoologues ne demandaient pas en même
temps l'arrêt du tabac car ils pensaient que ce stress
supplémentaire pouvait gêner le traitement de l'alcoolisme. Les
recherches n'ont pas confirmé cette croyance. Dans une étude,
deux groupes d'alcooliques sont sevrés, l'un d'alcool , l'autre
d'alcool et de tabac. Les résultats pour le sevrage d'alcool
sont les mêmes dans les deux groupes. L'arrêt du tabac n'a pas
eu d'incidence sur l'abstinence d'alcool (12% ont arrêté le
tabac dans le deuxième groupe contre 0% dans l'autre). Les
données suggèrent que le traitement de l'alcoolisme favorise
l'abstinence de tabac.
Les alcooliques fumeurs dépressifs ont plus de difficulté à
arrêter de fumer. Un épisode dépressif peut survenir après
l'arrêt du tabac. Cet état dépressif peut être à l'origine
d'une réalcoolisation. L'induction des enzymes par l'alcool et
le TAR peut diminuer les effets des médicaments
anti-dépresseurs. Les taux médicamenteux doivent être
surveillés chez les patients ayant un traitement contre la
dépression et qui sont par ailleurs alcooliques et fumeurs.
Interactions entre l'alcool et les
médicaments
La prise conjointe dalcool et de
médicaments et/ou la prise de médicaments sur fond de
consommation régulière de boissons alcooliques entraîne des
modifications de lintensité des effets et/ou de la durée
du produit administré.
Lalcool modifie la concentration du médicament dans le
sang.
Lalcool va dabord agir sur labsorption
digestive du produit en la diminuant pour certains et en
laugmentant pour dautres.
En cas de consommation excessive chronique (plus de 4 verres/j
chez les hommes et 2 chez les femmes), la diminution du débit
sanguin du foie entraîne une réduction de dégradation du
médicament doù une durée daction prolongée.
Lalcool interfère avec la dégradation des médicaments
Lalcool et les médicaments sont dégradés dans le foie
par les voies métaboliques ; en prise aiguë occasionnelle
lalcool empêche la dégradation du médicament et provoque
une augmentation de son action.
La consommation excessive chronique dalcool accroît de
façon importante lactivité des circuits de dégradation;
le métabolisme du médicament est accéléré, doù un
effet moindre ou, à linverse, une augmentation de
toxicité dont le meilleur exemple est celui du paracétamol :
lalcoolisation chronique, augmente la production de
métabolites toxiques ce qui peut provoquer une hépatite
médicamenteuse dont lissue peut être fatale; en cas de
consommation excessive dalcool, la posologie de
paracétamol ne devrait pas dépasser 1,5 g/j.
Linteraction alcool-médicament peut provoquer des
réactions graves associant complications cardiaques
(tachycardie, collapsus), neurologiques (céphalées) et
digestives (nausées, vomissements).
Avec bien sûr les médicaments destinés à lutter contre la
dépendance à lalcool, comme lEspéral ou le TTD,
mais aussi avec des produits hypoglycémiants, des
anti-infectieux, des anti-parasitaires. Parmi ceux-ci (lisez le
nom du principe actif inscrit sur la boîte et sur la notice) :
chlorpropamide, tolbutamide, glibenclazide, glipizide,
carbutamide ; céphalosporines de 2ème et 3ème génération
(céfopérazone, céphamandole); métronidazole ; griséofulvine,
mépacrine, procarbazine et bien dautres
Lalcool, les tranquillisants et les anti-épileptiques ont
des modes daction similaires.
Même en respectant la posologie usuelle, lalcool modifiera
les effets du produit en proportion de la dose dalcool
consommée. Les effets de lalcool sur le système nerveux
(effets psychotropes) sadditionnent à ceux des
tranquillisants : à dose modérée dalcool la vigilance
sera ralentie, à forte dose, des troubles de la conscience, avec
amnésie complète des faits passés, peuvent survenir.
Une diminution de la vigilance peut également être observée en
cas de prise danti-histaminique, produit utilisé, entre
autres, pour traiter lallergie.
Soyez vigilants !
Evitez les mélanges alcool-médicaments
Lisez attentivement les notices dutilisation des produits.
Parlez-en à votre médecin.
Alcool et grossesse
Les notions à savoir
Quelle que soit la boisson alcoolisée, l'alcool diffuse à tout
l'organisme. Chez la femme enceinte, non seulement il franchit le
placenta mais, en plus, celui-ci semble concentrer l'alcool chez
le ftus ; comme chez ce dernier les circuits de
dégradation de l'alcool ne sont pas ou peu actifs, sa toxicité
sera encore majorée.
Le début de la grossesse est marqué par l'extrême intensité
de la multiplication cellulaire et la formation des organes avec,
en particulier, l'élaboration des cellules nerveuses et du
massif facial du ftus. L'alcool diminue la multiplication
cellulaire et réduit l'efficacité des facteurs de croissance
qui agissent sur le développement des cellules nerveuses. La
croissance du cortex cérébral (cerveau) n'est donc pas
harmonieuse et cela retentira sur la maturation des futurs
processus d'adaptation, de mémorisation, de coordination et
d'apprentissage.
Ces effets sont irréversibles.
Le syndrôme d'alcoolisme ftal (SAF)
La consommation excessive d'alcool pendant la grossesse est à
l'origine du SAF qui est caractérisé par 3 catégories de
symptômes chez le nouveau-né : 1. un retard de croissance qui
persiste le plus souvent ultérieurement ; 2. des anomalies du
crâne et de la face : paupières rétrécies, inclinées à
l'extérieur et vers le bas ; nez retroussé avec effondrement de
sa racine ; lèvre supérieure fine ; philtrum (espace entre les
narines et la lèvre supérieure) mal dessiné, convexe au lieu
de concave ; menton en retrait ; bombement du front ; 3. des
malformations, parfois visibles à l'échographie pendant la
grossesse) : bec de lièvre, malformations cardiaques,
vertébrales, osseuses.
Autant le retard de croissance est constant, autant les autres
anomalies sont diversement associées et sont plus ou moins
marquées.
Le devenir des enfants présentant un SAF est marqué par la
fréquence des troubles neuropsychologiques et la faiblesse du
quotient intellectuel : hyperirritabilité, hyperactivité,
troubles du langage et de l'attention, difficultés
d'apprentissage. De graves difficultés scolaires apparaissent
dans les domaines de la lecture, du calcul, de la mémorisation.
A l'adolescence on observe une augmentation du risque de
polytoxicomanie (alcool, drogues etc
) et à l'âge adulte
les comportements délictueux sont fréquents.
Une femme enceinte peut-elle boire des boissons alcoolisées ?
Une certitude est que toute consommation excessive d'alcool
(>2 verres par jour pour une femme), quelle soit occasionnelle
ou régulière est toxique pour le bébé. Une seule ivresse peut
être dommageable pour le ftus.
La nocivité d'un verre d'alcool n'est pas formellement établie,
néanmoins, il semble raisonnable d'instaurer un principe de
précaution voulant que, pendant la grossesse, il n'y ait aucune
prise d'alcool, de même qu'il est recommandé de ne prendre
aucun médicament (sauf prescription médicale).
Etant donné qu'il peut exister un certain délai entre la
conception et la prise de conscience de l'état de grossesse, il
est fortement conseillé d'arrêter de consommer des boissons
alcoolisées dès que la décision d'avoir un enfant est prise
et, en aucun cas, de ne célébrer la positivité du test de
grossesse par une soirée bien arrosée.
Si vous êtes malade de l'alcool, le sevrage, même en cours de
grossesse, ne pourra qu'être bénéfique pour vous et votre
bébé car cela améliorera sa croissance.
Parlez-en à votre médecin.
Alcool et sommeil
Rappels sur la physiologie du sommeil
Le sommeil est constitué de 2 phases distinctes alternées qui
se répètent par cycles plusieurs fois au cours de la nuit.
La première phase est le sommeil profond caractérisé par une
activité électrique cérébrale lente ; d'une durée d'environ
90 minutes, c'est celle pendant laquelle la récupération est
maximale.
La deuxième est appelée " sommeil paradoxal ",
caractérisé par une activité cérébrale rapide et des
mouvements des globes oculaires ; cette phase, pendant laquelle
surviennent les rêves, suit la précédente et dure entre 5 et
30 minutes.
Le sommeil est un processus actif, dont le centre de contrôle
est situé à la base du cerveau. Ce centre produit des
substances chimiques comme la sérotonine, intervenant dans
l'endormissement et la régulation du sommeil profond, et la
noradrénaline qui régule le sommeil paradoxal et facilite le
réveil. .
Sommeil profond et sommeil paradoxal sont indispensables à la
santé.
Un peu d'alcool peut faciliter l'endormissement mais
Une consommation modérée d'alcool, peu de temps avant le
coucher (jusqu'à une heure avant environ), peut, après un effet
initial excitateur, réduire le temps nécessaire à
l'endormissement. Ce pouvoir dit sédatif est souvent mis à
profit par ceux(celles) qui souffrent de difficultés à
s'endormir ( = insomnie d'endormissement). Toutefois, des travaux
ont démontré que la contrepartie est une diminution de la
qualité du sommeil au cours de la deuxième partie de la nuit,
avec des réveils en fin de phase de sommeil paradoxal et une
difficulté à se rendormir.
Si la consommation d'alcool s'est poursuivie jusqu'au coucher,
les propriétés sédatives de l'alcool disparaissent alors que
les troubles de la 2ème partie de la nuit sont maintenus.
Les troubles du sommeil induits par l'alcool vont engendrer au
cours de la journée une fatigue et une atténuation de la
vigilance.
Apnée du sommeil et alcool
Un certain nombre de personnes souffrent d'interruptions brèves
de la respiration ( = apnée) au cours du sommeil ; cela est du
à une fermeture intermittente et plus ou moins complète du
pharynx, sorte de clapet situé à l'extrémité supérieure de
la trachée, conduit amenant l'air aux poumons. La conséquence
en est un réveil brutal suivi de la reprise de la respiration
puis le retour au sommeil. Ces épisodes peuvent se produire
plusieurs dizaines de fois dans la nuit, ce qui réduit le temps
de sommeil et provoque des troubles de la vigilance au cours de
la journée.
Chez ceux(celles) souffrant d'apnée du sommeil, une consommation
élevée d'alcool aura pour conséquence d'augmenter la durée
des apnées, ce qui aggravera les troubles existants.
Une consommation élevée d'alcool au cours d'une soirée
favorise la survenue d'apnées du sommeil chez ceux(celles) n'en
ayant jamais souffert.
Les consommateurs(trices) excessifs d'alcool sont
particulièrement sujets à l'apnée du sommeil, surtout
s'ils(elles) souffrent de ronflement.
Abus d'alcool et sommeil
Une consommation élevée d'alcool au cours d'une soirée,
poursuivie ou non jusqu'au moment du coucher, diminue la qualité
du sommeil et favorise la survenue d'apnées au cours de la nuit.
Il en résulte une fatigue et des troubles de la vigilance au
cours de la journée.
Certain(e)s pourraient alors avoir l'idée d'absorber de l'alcool
pour se donner un soi-disant " coup de fouet ". Cette
attitude est à éviter absolument car vous comprometteriez le
retour à un sommeil de qualité la nuit suivante.
Si vous avez des troubles du sommeil, ou si vous avez un sommeil
agité ou si vous vous réveillez sans avoir " récupéré
", et que vous consommez des boissons alcoolisées,
dites-vous que votre consommation d'alcool peut en être
responsable.
Réduisez votre consommation au cours de la journée et surtout
celle du soir ; ne buvez pas d'alcool après le repas du soir ;
parlez en à votre médecin.
Qu'entend-on par " avoir un problème avec l'alcool
" ?
ou qu'est-ce que l'alcoolisme ?
De nos jours, le terme alcoolisme (et son
corollaire " alcoolique ") a une connotation
péjorative qui empêche souvent ceux (celles) qui sont en
difficulté avec l'alcool d'en parler. C'est pourquoi on
préfère utiliser les termes plus neutres : "avoir un
problème avec l'alcool " ou " avoir un problème
d'alcool ".
Les problèmes d'alcool se présentent sous plusieurs formes qui
peuvent être ou non associées :
1. l'envie impétueuse de boire : il s'agit d'un désir brutal,
pressant et obsédant d'alcool (en anglais, le " craving
")
2. la perte de contrôle : elle est caractérisée par
l'incapacité de s'arrêter de boire de l'alcool après en avoir
consommé un ou quelques verres
3. la dépendance : elle traduit une obligation de boire de
l'alcool pour pouvoir fonctionner apparemment " normalement
". L'absence d'alcool génère des symptômes de manque qui
surviennent le plus souvent le matin car, pendant la nuit, la
quantité d'alcool présente dans l'organisme a diminué ; le
manque peut également être ressenti en fin d'après-midi alors
même qu'il n'y pas eu de consommation pendant la journée. Les
symptômes de manque sont des nausées et/ou des vomissements
et/ou des sueurs abondantes et/ou des tremblements des membres
supérieurs et/ou une irritabilité et/ou une anxiété et/ou une
sensation de malaise, l'ensemble de ces manifestations
disparaissant après absorption de quelques verres.
4. la tolérance (ou accoutumance) : elle est caractérisée par
la nécessité de boire de plus en plus d'alcool pour pouvoir en
ressentir les effets. La manifestation la plus typique de la
tolérance est l'absence de symptômes d'ivresse malgré une
consommation importante.
Nous sommes tous concernés, nul n'est à l'abri de la survenue
d'un problème d'alcool.
l La survenue d'un problème d'alcool ne dépend pas du type de
boisson alcoolisée consommée puisqu'on peut l'observer
indifféremment chez les consommateurs(trices) de vin, de bière,
de whisky, de pastis etc.
l La survenue d'un problème d'alcool est favorisée par une
consommation excessive fréquente de boissons alcoolisées.
La consommation d'alcool est dite excessive lorsqu'elle dépasse,
au cours d'une même journée, 4 verres chez l'homme et 2 chez la
femme, quel que soit le type de boisson.
l La survenue d'un problème d'alcool peut être également
favorisée par des facteurs individuels génétiquement
déterminés et transmissibles à la descendance. Avoir un parent
ayant ou ayant eu un problème d'alcool multiplie par 4 le risque
d'y être soi-même confronté.
Boire du vin, de la bière, de l'apéritif ou du digestif fait
partie de notre patrimoine, mais attention aux risques de
dérapage.
Pour vous situer par rapport à l'alcool, répondez au
questionnaire suivant :
Entourez le chiffre entre parenthèses correspondant à votre
réponse
1. A quelle fréquence buvez-vous des boissons contenant de
l'alcool (vin, bière, apéritif, etc.
.)?
jamais (0) moins d'une fois par mois (1)
2-4 fois par mois (2) 2-3 fois par semaine (3)
4 fois et plus par semaine (4)
2. Habituellement, les jours où vous buvez des boissons
contenant de l'alcool, combien de verres en consommez-vous ? 1-2
(1) 3-4 (2) 5-6 (3) 7-9 (4) 10 et + (5)
3. A quelle fréquence consommez-vous 6 verres ou plus de
boissons contenant de l'alcool à une même occasion ?
jamais (0) moins d'une fois par mois (1)
2-4 fois par mois (2) 2-3 fois par semaine (3)
4 fois et plus par semaine (4)
4. Durant ces 12 derniers mois, à quelle fréquence avez-vous
constaté que vous ne pouviez vous arrêter de boire après avoir
commencé ?
jamais (0) moins d'une fois par mois (1)
2-4 fois par mois (2) 2-3 fois par semaine (3)
4 fois et plus par semaine (4)
5. Durant ces 12 derniers mois, à quelle fréquence n'avez-vous
pas pu réaliser, à cause de la boisson, ce que normalement vous
auriez du faire?
jamais (0) moins d'une fois par mois (1)
2-4 fois par mois (2) 2-3 fois par semaine (3)
4 fois et plus par semaine (4)
6. Durant ces 12 derniers mois, à quelle fréquence avez-vous eu
besoin de boire dès le matin pour vous sentir bien après une
consommation excessive la veille ?
jamais (0) moins d'une fois par mois (1)
2-4 fois par mois (2) 2-3 fois par semaine (3)
4 fois et plus par semaine (4)
7. Durant ces 12 derniers mois, à quelle fréquence vous êtes
vous senti coupable ou avez-vous eu des remords après avoir bu ?
jamais (0) moins d'une fois par mois (1)
2-4 fois par mois (2) 2-3 fois par semaine (3)
4 fois et plus par semaine (4)
8. Durant ces 12 derniers mois, à quelle fréquence avez-vous
été incapable de vous souvenir des événements de la veille au
soir à cause de l'alcool ?
jamais (0) moins d'une fois par mois (1)
2-4 fois par mois (2) 2-3 fois par semaine (3)
4 fois et plus par semaine (4)
9. Durant ces 12 derniers mois, à quelle fréquence vous
êtes-vous blessé(e) ou avez blessé quelqu'un à cause de
l'alcool ?
jamais (0) moins d'une fois par mois (1)
2-4 fois par mois (2) 2-3 fois par semaine (3)
4 fois et plus par semaine (4)
10. Durant ces 12 derniers mois, à quelle fréquence vos
ami(e)s, vos connaissances, votre médecin vous ont-ils fait des
remarques sur votre consommation d'alcool ou vous ont suggéré
de la diminuer ?
jamais (0) moins d'une fois par mois (1)
2-4 fois par mois (2) 2-3 fois par semaine (3)
4 fois et plus par semaine (4)
Faites le total de vos points.
Si votre score est supérieur ou égal à 8, il se peut que vous
ayez un problème avec l'alcool ;
Parlez-en à votre médecin.
Trucs et astuces pour boire moins
Boire trop d'alcool est néfaste pour la santé ;
on peut facilement améliorer sa santé et sa qualité de vie en
diminuant sa consommation d'alcool.
Comment savoir si vous buvez trop ? Lisez les questions suivantes
et répondez par oui ou par non :
- buvez-vous seul lorsque vous êtes triste ou en colère ?
- vous arrive-t-il d'être en retard au travail ou à un
rendez-vous à cause de l'alcool ?
- votre consommation d'alcool est-elle à l'origine de
réflexions ou de disputes avec votre famille ou votre entourage
?
- vous arrive-t-il de boire alors que vous avez décidé de ne
pas boire ?
- avez-vous des trous de mémoire et/ou des maux de tête après
avoir bu ?
- avez-vous des troubles du sommeil après avoir bu ?
Si vous avez répondu oui à l'une de ces questions, votre
consommation d'alcool est probablement trop élevée. Parlez-en
à votre médecin qui vous dira si vous devez simplement réduire
votre consommation ou bien arrêter complètement de boire.
Si une simple réduction de consommation est recommandée, les
conseils suivants pourront vous aider.
1. Ecrivez les raisons pour lesquelles vous voulez diminuer votre
consommation. Il peut s'agir d'améliorer votre santé et/ou
votre sommeil, de vous sentir mieux avec votre famille ou vos
amis, de faire des économies etc
2. Fixez-vous un objectif de consommation (en accord avec votre
médecin). De toutes façons, il est conseillé de ne pas
dépasser 4 verres par jour pour les hommes et 2 verres par jour
chez les femmes, à consommer pendant les repas et jamais à
jeun.
3. Ecrivez ces objectifs sur un papier que vous placerez à
portée de vue. Il importe que vous puissiez le voir chaque jour.
4. Tenez un carnet quotidien de consommation pendant 3 à 4
semaines. Notez chaque jour le nombre de verres consommés, le
type de boisson et le lieu de consommation.
5. Ne conservez aucune ou seulement un minimum de boissons
alcoolisées chez vous. Cela évitera les tentations.
6. Buvez lentement. Quand vous buvez, avalez la boisson à
petites gorgées et savourez-la. Buvez systématiquement une
boisson non alcoolisée après (eau ou soda). Maintenez un
intervalle d'au moins 1 heure entre 2 verres d'alcool.
7. Fixez vous un jour " sans ". Déterminez un jour (ou
2) dans la semaine où vous ne boirez absolument pas d'alcool.
Observez le mieux être qui en résulte.
8. Apprenez à dire NON. Vous n'êtes pas obligé de boire pour
faire comme les autres. Sachez dire " Non, merci ",
poliment mais fermement. N'hésitez pas à ajouter que vous vous
sentez mieux lorsque vous buvez peu. Tenez-vous à l'écart des
personnes qui vous font des réflexions désobligeantes à cause
de votre refus de boire.
9. Soyez actif. Ne pas boire procure du temps et
de
l'argent. Profitez-en pour organiser des sorties seul ou en
famille, allez vous promener, allez au spectacle, faites du sport
10. Réclamez du soutien. Résister à l'envie de boire peut
être parfois difficile. Si besoin, demandez à votre famille ou
à vos amis de vous soutenir et de vous encourager à atteindre
votre but.
11. Soyez vigilant. Evitez les personnes avec qui et les lieux
où vous aviez l'habitude de boire. Prévoyez à l'avance ce que
vous devez faire s'il vous vient une envie de boire. Ne buvez pas
si vous êtes en colère, si vous êtes nerveux(se) ou si vous
avez eu des ennuis au cours de la journée ; il s'agit
d'habitudes qu'il faut absolument abandonner pour devenir
définitivement un consommateur modéré.
Tout comme pour les régimes amaigrissants, il n'est pas certain
que votre tentative sera immédiatement réussie, ou bien il est
possible qu'après une période de modération votre consommation
augmente à nouveau. Ne désespérez pas et recommencez en vous
faisant si besoin aider par des professionnels, vos efforts
finiront pas être couronnés de succès.